Une intervention timide en Syrie. Cette première phrase méritait même pas un verbe. Hier, on a eu 60 minutes de frappes, question de faire du bruit, appuyées ensuite par l’OTAN. Il en faut du bruit pour faire oublier le silence de la communauté internationale sur le drame syrien qui se joue depuis bientôt une décennie. Le Canada n’y est pour rien. Rien non plus ce Canada sur la scène internationale depuis la diplomatie de selfie de Justin Trudeau¹ qui n’est pas plus reluisante, malheureusement, que celle de son prédecesseur Stephen Harper qui nous a fait perdre notre siège au conseil de sécurité des Nations Unies.

Fallait pas synthoniser RDI hier pour comprendre ce qui se jouait hier soir en Syrie. Une couverture quasi absente! Ici on est allé faire un tour sur France 24 pour le vivre mieux, comprendre ce qui se détermine ailleurs que pour ce gênant de Trump dans cette intervention.

Y’avait cet analyste français donc sur la chaine, dont le nom m’échappe, mais qui rappelait qu’il y a longtemps qu’on meurt en Syrie, qu’on meurt de torture, de viol, de blessures non soignées, de brûlures, de faim, de peur… on meurt aussi salement que par le chimique. Juste différemment. Juste mourir comme c’est accepté par le reste du monde, incluant nous, dans l’indifférence.

Ne pas intervenir pour être certain de faire partie de ceux qui reconstruiront sur les morts

Il avait pas tort cet analyste. La communauté elle hésite pas seulement pour économiser les susceptibilités de Poutine. Il y a plus comme enjeux : il y a la reconstruction. Ne pas se mêler de ce qui se passe dans cet odieux massacre commis par Bachar al-Assad contre son peuple, c’est pouvoir aussi profiter de la manne qui sera distribuée dans cette Syrie à reconstruire. Sauf que…

Le plus difficile à rebâtir sera la confiance. Nous ne pouvons plus jouer les bienveillants canadiens. Nous avons ignoré ce qui s’est passé dans ces 7 années de souffrances syriennes et d’accueillir des réfugiés n’est pas le seul geste qu’il était possible de poser.

On ferme les yeux sur la Syrie comme on ferme les yeux sur les outrages aux droits humains qui sont perpétrés quotidiennement contre le peuple palestinien, au nom de notre alliance avec Israël. On voit ce genre de clip, comme je vous colle ici, et on regarde pas jusqu’à la fin, on se sent même pas concernés. On retourne écouter Martineau chiâler contre les cyclistes dans les rues à TVA. Quoi faire ? Cesser de rigoler des selfies de clown de Trudeau en Inde et lui demander de revenir à la bienveillance à laquelle on est en droit de s’attendre : ouvrir encore plus les frontières aux réfugiés.

  1. Lire : Un selfie avec Justin Trudeau : Regard critique sur la diplomatie du premier ministre. –