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Hannah Arendt, Auschwitz et le rôle de certains Judenräte

C’est TFO qui a passé le film hier soir. TFO c’est la télé franco-Ontarienne. J’y passe beaucoup de temps d’antenne. Il se fait particulièrement du bon travail en grille horaire de cinéma indépendant. Il en fallait d’ailleurs de ce courage pour présenter, en plein 70e anniversaire de la fermeture d’Auschwitz, ce très beau film sur Hannah Arendt. L’histoire d’une femme, juive notons, qui aura eu pour malheur de mettre un peu de lumière sur le rôle ou le silence de certains conseils juifs (Judenräte) dans le sort des juifs à Auschwitz.

Hannah Arendt et le procès de Eichmann sur le drame d’Auschwitz

Une thérapeute d’amie que j’apprécie me racontait ce matin que sa vision des motivations d’un homme tel ce nazi de Eichmann tient justement dans l’absence de motivations, du cœur particulièrement. Quant à Hannah Arendt qui assiste au procès du criminel de guerre Adolf Eichmann, responsable entre autres de l’organisation des transports vers le camp de la mort, il s’agit d’un humain qui n’a tout simplement pas la capacité de penser. Qui répond aux ordres avec une servilité infaillible. Il ne pense pas. Ce sera une bonne partie du fondement des explications de Hannah Arendt.

Entre l’inaction et la résistance, il doit y avoir quelque chose.

– Hannah Arendt dans le film éponyme

La base était déjà posée pour que l’on accuse la philosophe Arendt, qui n’a d’ailleurs jamais vraiment voulu du titre, de défendre la position de l’obéissance pour justifier l’horreur. Ce qui n’était, notons que le film en fait largement mention, loin des objections soulevées par Arendt. Sa pensée n’était pas la décriminalisation ou la déresponsabilisation des nazis.

Elle ira aussi identifier le rôle des conseils Juifs qui selon elle, en taisant la réalité qui attendait les juifs dans ces camps, auront enlever une possibilité d’un autre dénouement, celui qui aurait pu être un regroupement, une résistance. Évidemment, on peut imaginer tous les scénarios dès lors qu’on suppose que plusieurs croyaient ces Judenräte.

Entre l’inaction et la résistance, il doit y avoir quelque chose. C’est toute la question qu’elle posera dans son plaidoyer expliquant sa position. Plus tard on la citera dans le discours de la désobéissance civile, par laquelle certains voient la réponse à cette bipolarité.

Je vous laisse sur une bien belle entrevue du personnage, la vraie cette fois. Au plaisir de vos commentaires.

Image du Billet : Hannah Arendt par Hardriff

Bidouilleux techno depuis l’âge où ses frères lui donnaient juste ce qu’il faut de chocs électriques avec des kits Radio-Shack trafiqués, il s’adonne à la programmation dès l’âge de 9 ans. Humaniste, bouddhiste et geek non pratiquant, religieux du logiciel libre et du télétravail, allergique aux paravents, il a le drôle d’idéal de faire tout ce qu’il peut gratuitement, ce qui occasionnera une certaine forme de pauvreté, mais pas du tout en curiosité. Sa phrase préférée : « Ça doit pouvoir se faire ! » On doit souvent lui indiquer où ne pas aller sur un serveur et lui rappeler ce qu’il fait de mieux, lire des magazines, des bouquins de philosophie, de géopolitique et de vieux classiques.

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