Pour un nouveau film de vie

Annick FOntaine, comédienne

J’ai fait le choix de quitter la Mauricie pour la Rive-Sud de Montréal. Un choix posé. Un choix fait au moment où il ne me cause plus de déchirements. Autant j’ai aimé la Mauricie, autant j’aurais souhaité qu’elle s’aime. C’est une femme la Mauricie. Elle a cette tendance à oublier sa beauté à force de niquer ses défauts. Je lui ai dit qu’elle était belle pendant 5 ans, jusque dans le creux de son cou de St-Jean-des-Piles. Il faut savoir où s’arrêter. Pour moi c’est maintenant.

Je suis pas mal à Montréal ces jours-ci. Fait bien 5 ans que j’avais pas vraiment remis les pieds en ville. J’avais même oublié qu’ici mon travail web a le double de sa valeur, monétaire autant qu’en appréciation. Tiens, prenez ces jours-ci, je travaille sur un superbe film, il s’appelle « Ce qu’il ne faut pas dire« . Je passe donc des heures dans un café, avec la comédienne Annick Fontaine, aussi aimable que talentueuse afin de préparer le site web qui en fait la promotion.

C’est un changement de paradigme important. Découvrir à nouveau que le travail autonome, c’est aussi se rassembler comme ça, entre gens qui sinon bosseraient seuls chez-eux, mais qui plutôt se réunissent en un endroit pour faire leur travail, échanger, s’entraider, briser l’isolement du travail solo. Y’a les livres qui m’ont manqués, les musées, le transport en commun, les accents,  aussi.

J’ai reçu un accueil charmant, comme si je n’étais jamais vraiment parti. J’ai vu les mêmes possibles que j’ai ressentis au moment où avec Philippe Mollé, qui me donnait ma première chance en ville à 22 ans, nous faisions voir le jour à son Académie Culinaire de Montréal. Un souffle nécessaire à me sortir d’une région qui vivait de grandes difficultés économiques, Sorel, pour me faire connaître à Montréal.

J’aurai beaucoup appris en Mauricie. Un passage nécessaire et ressourçant. J’y reviendrai comme on m’a demandé d’y arriver, en touriste, sans trop m’impliquer. Je n’avais pas compris que dans mon village, ils étaient bien comme ça, entre eux, la tête dans les hiers et les habitudes. Si le temps vous le dit, passez leur rappeler combien c’est beau chez-eux, vous aller certainement arriver mieux que moi à les convaincre.