C’est un exercice que je m’oblige un peu à faire chaque année. Choisir est toujours difficile pour moi. Exclure est pire encore. Vous imaginez donc avec pas mal de facilité combien devoir vous présenter que des hauts de podium est demandant. Voici donc, dans des domaines aussi variés qu’incomplets, mes coups-de-coeur de cette année 2017.

Ma chanson française puis anglaise de l’année

Daniel Bélanger, Il y a tant à faire

Chanson d’espoir, qui me parlait probablement dans ce qui m’attendait cette année et qui est venue mettre en mots ce qui se disait en moi pour reprendre le collier après les difficultés. Il y a tant à faire, c’est ça. C’est pas rare que Daniel Bélanger (de génération contemporaine) vienne vieillir avec moi en chanson dans une cohésion qui me plait comme fan. Je me la tourne en boucle, souvent seul, lorsque j’ai besoin d’un coup de pied au cul.

Harry Styles, Sign of the time

Grosse commande de revenir en solo pour Harry Edward Styles, du boys band One Direction. Je suis littéralement tombé sous le charme de Sign of the times, une power ballad intelligente aux arrangements pas du tout courants. Bien fait, avec une promotion efficace, je me la suis tournée en boucle jusqu’à l’été. J’ai cru entendre des accents de Journey (Steve Perry en vocal), intéressant, même si plusieurs live sont venus me décevoir ensuite.

Ma lecture,donc livre de l’année

Michel Rabagliati, Paul à Montréal

Je l’ai senti sortir de sa zone de confort et c’est bien ainsi. Michel Rabagliati part d’une commande qui ne devait être que 12 planches urbaines dont le médium était des murales sur édifices pour finir avec un très bel album, que j’ai reçu pour Noël sous l’inspiration de copine. Il s’agit incontestablement d’un beau livre, où tout est soigné, de la couverture aux textures, de la qualité du papier à l’impression. Seul bémol, Paul à Montréal est imprimé en Asie. J’aurais aimé qu’on choisisse un imprimeur montréalais pour le produire.

Événement marquant de l’année 2017

Les nouvelles armoiries de Montréal qui salue l’importance des Premières Nations

C’est jamais sans mélange d’émotions que je vois chaque pas qui est fait pour reconnaître chaque peuple des Premières Nations dans ce pays qui est le leur. Les nouvelles armoiries de la Ville de Montréal est un pas important. J’espère sincèrement que ce continuera en déboulonnant notamment certains monuments qui les offensent encore et qui sont bien en évidence sur des grandes places de notre ville.

Le tabou de l’année 2017

La circoncision, toujours non reconnue comme mutilation sexuelle au nom de la religion

Je ne sais trop (ou je n’ose pas savoir) en quoi on refuse toujours de reconnaître et bannir la circoncision dans notre plusse beau pays du monde civilisé. À mon sens, la circoncision est et demeure une mutilation sexuelle, ce n’est qu’en faisant l’erreur de la comparer à l’excision qu’on peut alors refuser de la voir comme telle. Elle est une atteinte au corps d’une personne hors consentement, au nom de la religion. Elle se pratique encore à l’Hôpital Juif de Montréal qui reçoit encore évidemment des subventions fédérales et provinciales et personne ne semble soulever cette question. Définition de mutilation : La mutilation est une perte partielle/totale d’un membre, d’un organe ou la destruction/dégradation partielle d’une ou plusieurs parties du corps sans cause intentionnelle de donner la mort.

Ma personnalité féminine de l’année 2017

Avida Bystroöm, recevoir des menaces de mort et de viol pour avoir posé avec du poil sur les jambes

Ce ne devrait pas être courageux ni marquer mon année qu’une femme choisisse de dire oui à une compagnie comme Adidas et de servir de modèle, pour des souliers, en posant avec ses jambes poilues avec comme thème “Les icônes de demain”. Pourtant, en sachant ce que ce demande à ma copine d’affronter le regard des autres sur soi, avec ses propres choix de vie quant à la pilosité, je ne peux qu’être sensible à la lapidation verbale sur les médias sociaux qui a déferlée sur la modèle militante et artiste-photographe Arvida Byström. On se demande en quoi femmes et hommes se sentent offensés par le choix d’une congénère. Un 15 secondes qui lui a demandé pas mal de courage pour la suite !

Ma personnalité masculine de l’année 2017

Charles Puigdemont, un président en exil sous la Catalogne occupée

C’est aussi triste que surréaliste, le président de la Catalogne, Charles Puigdemont, qui doit fuir en Belgique pour éviter son arrestation suite aux résultats du référendum à propos de la souveraineté du peuple catalan. L’élection récente d’un gouvernement indépendantiste en Catalogne montre une fois de plus qu’au final, il faudra bien qu’on reconnaisse que le peuple a toujours raison et qu’on s’insurge contre la lâcheté de nos deux gouvernements, provincial et fédéral, de ne pas reconnaître le droit à l’autodétermination de tous les peuples.

Le bon coup politique de l’année 2017

Québec investie 31 millions en santé pour les hommes

Encore un autre bon coup qui ne devrait pas être aussi souligné tardivement. Malheureusement il se déroule pour la première fois cette année. Le gouvernement du Québec reconnaît que l’intervention auprès des hommes est en recul et choisi de créer un fond spécial de 31 millions pour mieux leur venir en aide. C’est aussi marquant parce que je profite de l’aide hebdomadaire de CRIPHASE, seul, je dis bien seul organisme à venir en aide, au Québec, aux hommes abusés sexuellement dans l’enfance.

Mon coup-de-coeur court-métrage de l’année 2017

Lubomir Arsov, In Shadow – A modern Odyssey

Lubomir Arsov frappe un grand coup avec In Shadow, un court-métrage d’animation indépendant qui porte un regard aussi dur que révélateur sur notre monde et le mode de vie qu nous y menons. Une claque en pleine face pour les occidentaux plus particulièrement, qui nous ramène à se rappeler qu’on a pas vraiment de leçon à donner et tout un monde à refaire, en commençant par nous !

Mon film de l’année 2017

One of us, version française de l’un des nôtres

Heidi Ewing et Rachel Grady nous propose l’un des nôtresun documentaire produit par Netflix et qui pose son regard sur les défis qui attendent 3 juifs et juives de confession hassidique au moment de quitter leur communauté. On ne saurait rester insensible à la détresse qui les habite face aux géants et géantes qui les confrontent, mais surtout, pour les femmes, aux déchirements qui attendent les mères qui choisissent de quitter.


Parce que copine elle veut une conclusion je vous en fais une. C’est pas parce que je vous aime, c’est parce qu’elle, elle trouvait que c’était abrupte comme ça. Elle sait pas que je vais en faire une de revue mais plus de ma propre année, comme humain, comme être avec vous, que j’aime au fond, et vous le savez bien, vous inspirez ce que je laisse ici. Alors voila, copine a une conclusion et moi je conclue.