Ilan a 4 ans. Depuis bientôt 3 mois, il médite avant de s’endormir. C’est une idée pas mal fantastique que sa maman a choisi d’installer dans la routine du sommeil. Elle méditait déjà sa mère. Méditer comme on peut nous les nord-américains, domptés par nous-même à tout accélérer jusqu’au besoin d’arrêter quand c’est pas la vie qui nous y oblige. Ça c’est une autre histoire. C’est plutôt de cette idée d’apprendre la méditation à un enfant dont j’ai envie de vous parler.

Les rudiments de la pleine conscience, dès la petite enfance

Peut-on apprendre la pleine conscience à un enfant ? Ce peut nous paraître un défi insurmontable. Si nous prenons seulement notre expérience d’adultes qui ont tenté l’exercice, s’arrêter pour être attentif à soi, à ses sensations, au flux des pensées, à l’agitation, méditer est loin d’une mince tâche. Avouons-le, n’est-ce pas particulièrement contradictoire de se rendre compte à quel point nous avons besoin de faire le calme en soi pour réaliser qu’en fait, consacrer 15 minutes à 30 minutes par jour à le faire est un défi qui est presque insurmontable ? Comment alors pourrait-il être possible pour un enfant qui a toute l’énergie de sa belle jeunesse d’y arriver ? La réponse me semble simple maintenant : ils ne doivent pas se déprogrammer.

Eline Snel est l’auteur du très beau livre Calme et attentif comme une grenouille, paru aux éditions Les Arènes et accompagné d’un CD de méditation entièrement consacré aux touts-petits. Bien que vous puissiez trouver ces méditations sur YouTube, vous bouderez vraiment votre plaisir parental en n’achetant pas le livre parce qu’en fait, il s’adresse aux parents. C’est là tout le sens de ce beau projet. Le bouquin guide les parents sur les premières grandes notions de la pleine conscience, tout en faisant appel à des situations de vie vécues par l’auteure et les méditations qu’elle a développées pour y faire face.

Qu’on soit méditant de longue date ou qu’on en soit à la découverte de la pleine conscience, on prend un réel bonheur à mettre le nez dans cet ouvrage. Non seulement elle traite des principes de l’attention sur la respiration mais on y approche aussi avec pas mal de bienveillance la météo intérieure de l’enfant, à observer comme la nôtre, sans jugement, en aidant l’enfant à en faire de même.

Mais qu’en est-il donc des progrès de l’enfant

Majeurs. D’abord l’état dans lequel il est durant la méditation s’est particulièrement modifié. D’agité au début (ce que sa mère n’a jamais ni jugé ni découragé), il est maintenant beaucoup plus calme et reste immobile après les premières minutes de la méditation, qu’il écoute très attentivement.

Majeurs les progrès parce qu’il tient encore à le faire le soir, a sa méditation préférée, et qu’elle est devenue le prélude à son sommeil. Si on observe sa fréquence et qu’on la compare à celle de la majorité des adultes que je connais qui se prêtent à la méditation, il est plus assidu, régulier et constant dans sa pratique.

Je crois fondamentalement que si l’on enseigne aux enfants, en petite enfance, là où les fondements de soi deviennent si ancrés, la méditation, la pleine conscience et la pratique, on pourra aspirer à participer à la création d’adolescents, adolescentes et d’adultes beaucoup plus aptes à prendre le recul à l’intérieur d’eux-mêmes.

C’est particulièrement plus profitable à mon avis que de devoir comme moi, désapprendre pour apprendre à être pleinement conscient, dans le présent.