Elle s’appelle Noémie. Noémie Demers. Elle vient de publier sur son blogue personnel un cri du coeur. Je suis tombé sur son texte par personne interposée. Je l’aurais probablement pas trouvée autrement. Puisque j’ai pas mal de respect pour ceux qui expriment des idées qui sortent un peu du rang, on m’a mis son blogue sous le nez, comme ça, en me disant “Va voir cette fille, elle a toute une réflexion sur les médias sociaux et l’image de soi…” Alors voilà, je suis débarqué dans son espace et ai refilé le texte à copine.

Se souvenir que tout passe, heureusement

Il y un sérieux écoeurement des médias sociaux pour Noémie. Elle en mène large dans son texte, où essentiellement, elle déplore chez ceux de sa génération un tri très sélectif dans l’attention qu’ils et elles se portent les unEs envers les autres. Un triage dont le critère se ferait notamment sur le nombre d’abonnéEs aux comptes sociaux. En clair, selon Noémie Demers, plus vous avez d’abonnéEs, plus vous mériterez de l’attention.

J’comprenderai jamais pourquoi les gens se disent  »ouvert d’esprits » si tout ce qui font c’est s’ouvrir aux gens qui on 10K et + d’abonnés, puis qu’le reste peut très bien rester le reste. C’est là à vouloir changer le monde en voyageant, puis en postant d’la photo goal pour Instagram, que ça se concentre même plus sur rien, excepter de ce qui peuvent avoir l’aire aux yeux des autres. – Noémie Demers

C’est pas rien quand on y pense. 10 000 abonnéEs. Ça se récolte relativement facilement, ça peut même s’acheter. C’est aussi triste que pathétique d’ailleurs ce rituel de passage pour recevoir de la considération. La barre, le minimum acceptable pour que je m’intéresse à toi… En bas de ça, on se reparlera…

Y’a un autre truc aussi qu’elle mentionne. Plus complexe celui-là. La représentation du soi à travers les médias sociaux et surtout la perception des autres. Je la laisse vous raconter :

J’ai envie de savoir qu’les gens s’intéressent à mon moi intérieur, à c’que je pense, à c’que j’aime, à mes buts. Pas juste à mon apparence pis mes belles affaires sur internet, j’veux qui m’aiment pour c’que je dis , puis c’que je fais, pas c’que je post. J’veux savoir que j’attire ceux que j’attire avec mon intelligence pis ma façon de penser, pas juste parce-que j’suis petite pis qu’mes cheveux sont plats. – Noémie Demers

Je vais vous raconter un truc. Si vous passez par l’Instagram de Noémie, vous allez réaliser que la photographie que j’ai mise en couverture de ce billet est celle qui lui a rapporté le plus de likes. Probablement ce qui la confronte le plus justement à ce qu’elle tend à projeter qui est tout sauf uniquement celà. Ce sont les constats qu’on fait quand on se retrouve avec soi et qu’on est confronté à la réalité de ce qui est apprécié sur les médias sociaux.

Il y a quelque chose de profondément cassé dans tout ce cirque. Ce genre de billets en fait état. Il semble que des réflexions naissent chez les excluEs des médias sociaux. Chez les laisséEs pour compte. J’aime à penser que de ce questionnement, de ces cris du coeur naîtra quelque chose de plus réel, de plus vrai, une remise en question fondamentale qui mènera à une nouvelle façon de se considérer comme personnes.

Il faut être patientes et patients. Des textes comme celui de Noémie Demers se multiplieront, à force de les mentionner, de leur donner de la visibilité. De les mettre dans le traffic justement, des choses à lire et à méditer.