Elle s’appelle Jessica – le beau miracle du pardon

Jessica Letendre

Fallait la voir aujourd’hui. C’est fou comme de se sentir mieux dans sa peau, de gagner de l’assurance et de l’estime de soi, de recevoir de l’amour d’un groupe de personnes durant de nombreux mois peuvent contribuer au plus beau relooking du monde. Je vous parle pas ici de beauté extérieure, quoiqu’elle était rayonnante aujourd’hui Jessica, fabuleuse d’enthousiasme, de fierté et de cette belle lumière qui inonde le regard quand on a accompli un grand, un très grand truc. Le relooking de Jessica, il a été intérieur, aussi, surtout.

jessica-letendreOn est à des milles de la jeune fille que j’ai rencontrée qui fumait sa clope sur un banc, dans le froid de septembre, celui du cœur autant que de la saison. Tout son parcours a pas été joyeux. Elle est de celle qui peuvent crier à la poisse au moins une fois par semaine et on ne leur en veut même pas. Le genre de traitement que vous réserve la vie à coups de malchances, qui reviennent si souvent qu’un beau jour, votre colère elle se tourne contre vous, contre ceux que vous aimez le plus, contre la vie.

Pourtant, malgré toutes ses malchances et les murs qu’elle a rencontrés, je ne l’ai jamais entendue blâmer personne d’autre qu’elle même. D’ailleurs dans les premières semaines, je ne l’entendais pas. Que des sanglots, des murmures étouffés, des vagues de culpabilités à vous faire des tempêtes de peine. Jessica il fallait l’apprivoiser, pareil que dans Le Petit Prince, avec toute la patience du monde, de la compassion à la tonne, et de l’écoute, beaucoup de temps pour l’écoute.

Parce que les mois que je viens de terminer, où j’avais autant besoin que tout le monde là-bas de réfléchir, je les ai passés chaque matin, chaque jour, chaque soir avec des minutes de Jessica. C’est fou comme l’exercice de pardon auquel elle s’est prêté, qui demeure encore un processus, mais qui est enclenché avec ferveur, c’est fou donc comment le pardon lui va bien.

Au fil de ces mois où on a exploré, en groupe, tous les travers possibles que peut prendre la culpabilité, tous les détours de la honte d’être parfois juste soi, elle a été de celles et de ceux qui m’ont fait le plus grandir. Aujourd’hui, je me tenais aux côtés de son père, pour prendre un moment pour la féliciter du plus courageux travail sur soi qu’il m’aura été donné de voir depuis le début de ma vie. Celui de s’accepter. Elle pratique au quotidien. Pour les moments où elle y arrive moins, on se met en groupe pour lui rappeler combien elle nous est chère.

Avec elle on a compris, la dizaine que nous étions, qu’il était possible de s’accepter, dans le bon comme dans l’ordinaire, dans le meilleur et dans le pire. Que nous sommes d’abord et avant tout des êtres d’intentions, non d’agir. Des êtres résolus à aimer. J’ai été fier qu’elle me choisisse pour saluer avec son père le très beau chemin qu’elle vient d’accomplir, et l’autre qu’elle fera dans les 3 prochains mois. Merci d’exister !